Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. (Mc 16, 19)
Lundi 24 juin 2024

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Vademecum pour le Synode sur la Synodalité - 1.3 Quel est le but de ce Synode ? Objectifs du processus synodal


L'Église reconnaît que la synodalité fait partie intégrante de sa nature même. Le fait d'être une Église synodale s'exprime dans les Conciles oecuméniques, les Synodes des évêques, les Synodes diocésains et les Conseils diocésains et paroissiaux. Il existe de nombreux moyens par lesquels nous expérimentons déjà des formes de "synodalité" dans toute l'Église. Pourtant, être une Église synodale ne se limite pas à ces institutions existantes. En effet, la synodalité n'est pas tant un événement ou un slogan qu'un style et une manière d'être par lesquels l'Église vit sa mission dans le monde. La mission de l'Église exige que le Peuple de Dieu tout entier soit en chemin ensemble, chaque membre jouant son rôle crucial, uni aux autres. Une Église synodale avance en communion pour poursuivre une mission commune grâce à la participation de chacun de ses membres. L'objectif de ce processus synodal n'est pas de fournir une expérience temporaire ou unique de la synodalité, mais plutôt de donner l'occasion à l'ensemble du Peuple de Dieu de discerner ensemble comment avancer sur la voie d'une Église plus synodale à long terme.

L'un des fruits du Concile Vatican II a été l'institution du Synode des évêques. Alors que le Synode des évêques s'est déroulé jusqu'à présent comme une réunion d'évêques avec et sous l'autorité du Pape, l'Église réalise de plus en plus que la synodalité est la voie à suivre pour l'ensemble du Peuple de Dieu. Le processus synodal n'est donc plus seulement une assemblée d'évêques, mais un voyage pour tous les fidèles, dans lequel chaque Église locale a un rôle à jouer. Le Concile Vatican II a ravivé le sentiment que tous les baptisés, tant la hiérarchie que les laïcs, sont appelés à participer activement à la mission salvatrice de l'Église (LG, 32-33). Les fidèles ont reçu l'Esprit Saint par le baptême et la confirmation et sont dotés de divers dons et charismes pour le renouvellement et la construction de l'Église, en tant que membres du Corps du Christ. Ainsi, le pouvoir d'enseignement du Pape et des évêques est en dialogue avec le sensus fidei fidelium, la voix vivante du Peuple de Dieu (cf. CTI, Sensus Fidei dans la vie de l'Église, 74). La voie de la synodalité cherche à prendre des décisions pastorales qui reflètent la volonté de Dieu aussi étroitement que possible, en les fondant sur la voix vivante du Peuple de Dieu (CTI, Syn., 68). Il est noté que la collaboration avec des théologiens - laïcs, ordonnés et religieux - peut être un soutien utile pour articuler la voix du Peuple de Dieu exprimant la réalité de la foi sur la base de l'expérience vécue. Alors que les derniers Synodes ont examiné des thèmes tels que la nouvelle évangélisation, la famille, les jeunes et l'Amazonie, le présent Synode se concentre sur le sujet de la synodalité elle-même.

Le processus synodal actuel que nous entreprenons est guidé par une question fondamentale : Comment se réalise aujourd'hui, à différents niveaux (du niveau local au niveau universel), ce « marcher ensemble » qui permet à l'Église d'annoncer l'Évangile, conformément à la mission qui lui a été confiée ? Et quels pas de plus l'Esprit nous invite-t-il à poser pour grandir comme Église synodale ? (DP, 2)

Dans cette optique, l'objectif du Synode actuel est d'écouter, en tant que Peuple de Dieu tout entier, ce que l'Esprit Saint dit à l'Église. Nous le faisons en écoutant ensemble la Parole de Dieu dans l'Écriture et la Tradition vivante de l'Église, puis en nous écoutant les uns les autres, et surtout ceux qui sont en marge, en discernant les signes du temps. En fait, l'ensemble du processus synodal vise à favoriser une expérience vécue de discernement, de participation et de coresponsabilité, où la diversité des dons est mise au service de la mission de l'Église dans le monde.

En ce sens, il est clair que le but de ce Synode n'est pas de produire davantage de documents. Il vise plutôt à inciter les gens à rêver de l'Église que nous sommes appelés à être, à faire fleurir les espoirs des gens, à stimuler la confiance, à panser les blessures, à tisser des relations nouvelles et plus profondes, à apprendre les uns des autres, à construire des ponts, à éclairer les esprits, à réchauffer les coeurs et à redonner de la force à nos mains pour notre mission commune (DP, 32). Ainsi, l'objectif de ce processus synodal n'est pas seulement une série d'exercices qui commencent et s'arrêtent, mais plutôt un parcours de croissance authentique vers la communion et la mission que Dieu appelle l'Église à vivre au cours du troisième millénaire.
Ce cheminement commun nous invitera à renouveler nos mentalités et nos structures ecclésiales afin de vivre l'appel de Dieu pour l'Église au milieu des signes actuels des temps. L'écoute de tout le Peuple de Dieu aidera l'Église à prendre des décisions pastorales qui correspondent le plus possible à la volonté de Dieu (CTI, Syn., 68). La perspective ultime pour orienter ce chemin synodal de l'Église est de servir le dialogue de Dieu avec l'humanité (DV, 2) et de cheminer ensemble vers le royaume de Dieu (cf. LG, 9 ; RM, 20). En définitive, ce processus synodal cherche à avancer vers une Église qui soit plus fructueusement au service de la venue du royaume des cieux.