Le lundi 20 juillet 2026, l’Archidiocèse d’Antananarivo a accueilli une relique de Saint François d’Assise. À cette occasion, une Messe a été présidée par Mgr Jean de Dieu Raoelison, archevêque d’Antananarivo, aux côtés de l’évêque auxiliaire, Mgr Mamiarisoa Modeste Randrianifahanana, et du vicaire général, le père Wagner Randriamampandry. Mgr Georges Varkey, évêque de Port-Bergé, a également honoré l’événement de sa présence.
Bien qu’il s’agissait d’un jour ouvrable, les chrétiens sont venus en grand nombre. Outre les prêtres et les religieux, le président de la CEPAL, les représentants de la FFVA ainsi que la grande famille franciscaine, menée par le frère Jean Pierre Rasolonjanahary, leur supérieur provincial, se sont également joints à cette célébration.
« Ce sont des restes de saint François d’Assise qui sont arrivés chez nous, et sa particularité, a précisé le Père Jean Pierre, c'est que cette relique ne fera pas que passer : elle s'installera définitivement. » Arrivée le jeudi 16 juillet, cette relique a été, et sera, transportée à travers les diocèses et les lieux où est présente la Congrégation franciscaine.
Durant l’homélie, l’Archevêque s'est appuyé sur la Parole de Dieu pour apporter des éclairages sur l’œuvre accomplie par Dieu en saint François. Il a rappelé à cette occasion que nous ne prions pas les ossements ni les objets matériels, mais que nous rendons gloire à Dieu qui a accompli son œuvre dans la vie du saint. S’il est vrai, a-t-il souligné, que la relique est un don précieux, il existe un don infiniment supérieur sur l’Autel : Jésus-Christ vivant. La relique, a-t-il poursuivi, est un signe, et un signe n’est pas une fin en soi, mais pointe vers quelque chose de plus grand que lui-même. Les reliques de saint François ne s’arrêtent pas à saint François, mais désignent le Christ, l’unique Seigneur et Sauveur.
Premier miracle
Il a évoqué le lien entre la première lecture tirée du prophète Michée, l’Évangile lu ce jour-là, et la vie de saint François. Selon lui, la vie de ce saint est une incarnation vivante des trois exigences de Dieu envers l’Homme : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu. Pratiquer la justice ne signifie pas seulement respecter la loi, mais bâtir une société fondée sur l'équité — non pas un simple fait judiciaire, mais une justice qui restaure la dignité humaine. La miséricorde n'est pas une émotion passagère, mais un amour fidèle qui se traduit en actes. Parfois, nous demandons à Dieu de changer notre environnement, de changer les autres ou de changer la société ; mais Dieu, lui, commence par transformer notre cœur. C'est cela, le premier miracle.
Devenir Évangile
Selon l’Archevêque, la venue des reliques ne doit pas se limiter à de simples louanges et au rappel de l’histoire du Saint, sans quoi nous ressemblerions aux Pharisiens qui demandaient un signe. Nous devrions plutôt nous demander comment l’Évangile a pu transformer la vie de saint François. « Il ne s'est pas contenté d'être un auditeur de l’Évangile, il est devenu un Évangile vivant. » Les reliques ne sont pas venues pour rester enfermées dans un ostensoir, mais pour nous appeler à revivre l’Évangile. Quand les gens voyaient François, ce n’était pas François qu’ils rejetaient ou retenaient d’abord, mais le Christ. C’est cela, le sens véritable de la sainteté : non pas chercher sa propre renommée, mais faire rayonner le Christ en Le laissant façonner progressivement notre cœur et notre vie à Son image.
En conclusion, il s’est adressé aux différentes catégories de fidèles. Il a déclaré que les paroles du prophète Michée s’adressent directement à Madagascar. Nos difficultés et nos souffrances ne viennent pas d’un manque de lois, ni du manque de personnes talentueuses ou instruites. Ce n'est pas non plus le manque de richesses qui est la source de nos épreuves et de notre pauvreté, mais notre véritable problème est le manque de cœurs transformés. Madagascar a besoin de jeunes à la conscience pure, qui aiment la vérité, qui ne vendent pas leur conscience et qui sont prêts à servir plutôt qu'à dominer. Quant à vous, parents, vous êtes la première école d'éducation à la sainteté ; l’enseignement donné aux enfants ne se fait pas seulement par des mots, mais par l’exemple quotidien. Pour nous, évêques, prêtres et religieux, le renouveau de l’Église commence par la sainteté des serviteurs de Dieu, et non par des projets ou des structures. Chaque fois que nous nous renouvelons dans la prière et la repentance, c'est l’Église tout entière qui se renouvelle avec nous. Nous tous, quels que soient notre vocation et nos responsabilités, nous sommes appelés à être des signes vivants.
Cette relique sera déposée à Ankaramibe, dans le diocèse d’Ambanja, et l’église qui l’ abritera pourra faire l’objet de pèlerinages.
Voici les différentes étapes du parcours de cette relique :
Les reliques ont été transportées à travers plusieurs églises et chapelles du diocèse d’Antananarivo, du 16 au 20 juillet. Le périple s'est poursuivi dans le diocèse d’Antsirabe, du 20 juillet après-midi au 22 juillet au matin. Le cortège a ensuite mis le cap sur le diocèse de Miarinarivo, après un bref passage par Antananarivo. Il est reparti vers Toamasina le 23 juillet pour rejoindre Moramanga le 25 juillet. Il sera de retour à Antananarivo le 26 juillet, en attendant le départ pour le diocèse d’Ambanja. Des arrêts sont prévus dans des villes comme Maevatanana et Mampikony, dans le diocèse de Port-Bergé, avant de mettre réellement le cap sur le diocèse d’Ambanja le 29 juillet. Son arrivée à l’église Saint-François d’Assise d’Ankaramibe, lieu où elle sera déposée pour être visitée et faire l’objet de pèlerinages, est prévue pour le 1er août. (ndlr)