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Dimanche 8 fevrier 2026

Eglise catholique à Madagascar

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Consistoire extraordinaire convoqué par le Pape Léon XIV


Léon XIV n'entend pas gouverner seul. Son style collégial et synodal de gouvernance de l'Église s'est affirmé avec encore plus de clarté cette semaine, lors de son premier consistoire avec le Collège des cardinaux au Vatican, les 7 et 8 janvier. Le pape a confirmé cette orientation en annonçant, à l'issue de la deuxième journée de réunion, que les cardinaux se réuniraient à nouveau dans environ six mois pour un autre consistoire de deux jours, aux alentours de la fête de saint Pierre et saint Paul, fin juin. Il a précisé qu'il entendait désormais tenir des consistoires chaque année.

Bien que son approche et son style diffèrent de ceux du pape François, il s'inscrit néanmoins dans la continuité de son prédécesseur argentin, cherchant à approfondir les enseignements du concile Vatican II.

Durant ces deux jours de rencontre, le pape s'est adressé aux cardinaux, s'appuyant sur des textes préparés mais aussi de manière informelle. Il a prié et concélébré la messe avec eux en la basilique Saint-Pierre et a déjeuné avec eux le 8 janvier. Il a exprimé l'espoir que chacun d'eux « se sente libre de communiquer avec moi et avec d'autres, et nous poursuivrons ce processus de dialogue et de discernement » afin de discerner « ce que l'Esprit Saint dit à l'Église ».

« Vous m'avez appelé comme serviteur de cette mission, et aussi, je tiens à dire qu'il me semble important que nous travaillions ensemble, que nous discernions ensemble, que nous cherchions ce que l'Esprit Saint nous demande », a-t-il déclaré spontanément à la fin de la première journée. Son message est clair : il entend convoquer d'autres consistoires et associer plus pleinement les cardinaux à l'aide pour gouverner l'Église catholique mondiale et ses 1,4 milliard de fidèles, comme beaucoup l'avaient demandé lors des assemblées pré-conclave.

Dans son discours d'ouverture, le 7 janvier après-midi, devant les quelque 170 cardinaux réunis au consistoire, le pape Léon XIV proposa quatre thèmes de discussion : l'évangélisation, le rôle de la Curie romaine auprès des Églises locales, la synodalité et la liturgie.

Il précisa toutefois que, « faute de temps et afin de favoriser une analyse approfondie, seuls deux de ces thèmes seraient abordés en détail ».

Lors de leur première session, les cardinaux votèrent à une nette majorité pour accorder la priorité, dans leurs débats, à deux de ces thèmes : « Évangélisation et mission dans l'Église à la lumière d'“Evangelii Gaudium” » et « Synode et synodalité ».

Le pape décida que la méthodologie synodale de prière, de dialogue et d'écoute serait adoptée au consistoire. Les cardinaux furent répartis en vingt groupes linguistiques, l'anglais étant la langue dominante, suivi de l'espagnol. Chaque cardinal disposait de trois minutes de parole au sein de son groupe. (Lors des congrégations générales précédant le conclave, chaque cardinal pouvait s'exprimer jusqu'à cinq minutes en séance plénière.) Fait significatif, Léon XIV décida que seuls les neuf groupes issus des Églises locales seraient représentés en séance plénière, « car il m'est naturellement plus facile de solliciter l'avis de ceux qui travaillent à la Curie et vivent à Rome ».

« Je suis ici pour écouter », leur dit-il. Il rappela que les synodes de 2023 et 2024 avaient démontré que « la dynamique synodale implique une écoute par excellence ». Citant le pape François, il réaffirma : « C'est précisément ce chemin de synodalité que Dieu attend de l'Église au troisième millénaire. »