"Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme" (Mt 24, 37)
Mercredi 10 decembre 2025

Eglise catholique à Madagascar

Site officiel de la Conférence Episcopale de Madagascar

Présentation de la Baiboly Masina Katolika (Sainte Bible Catholique)


Par Noro H. RAZAFIMAMONJY et M. Hanitra Claire RANDRIANARISOA

La présentation officielle de la Baiboly Masina Katolika (BMK) - Sainte Bible catholique - a eu lieu le dimanche 9 novembre en l'église Saint-François-Xavier d'Antanimena. Cette Bible se distingue par sa présentation, sa nouvelle traduction et la présence d'explications sur les mots, les périodes et les nouveautés (à l'instar des éditions précédentes).

L'élaboration de la BMK avec commentaires a pris 9 ans, le travail collaboratif d'une équipe de 19 membres (dont deux sont décédées depuis) ayant débuté en 2016. Elle appartient à la Conférence des évêques de Madagascar (CEM) et son édition a été réalisée par Les Editions Saint Paul.

Le jour de la présentation du BMK, une messe a été présidée par Monseigneur Marie Fabien Raharilamboniaina, président de la CEM, en présence des archevêques et évêques de Madagascar, qui tiennent leur Assemblée plénière actuellement à Antananarivo. De nombreux prêtres et religieux ont assisté à l'événement. Les fidèles sont venus très nombreux pour l’occasion.

Comme le 9 novembre est le jour où l’Église célèbre la solennité de la dédicace de la Basilique de Saint Jean de Latran, l'homélie de Mgr Jean Pascal Andriantsoavina était axée sur l'Évangile lu ce jour-là. Il a exhorté les fidèles à s'efforcer d'abandonner les habitudes indignes de Dieu, à rendre dignité au temple, c'est-à-dire à nous-mêmes et à la maison de Dieu, car tout cela témoigne de la présence de Dieu parmi nous. Il a également encouragé à venir à l'église pour prier les dimanches et les jours consacrés, car le Christ lui-même, dans sa Parole, a appelé ses disciples à prier ensemble.

Avant la messe, des représentants de ceux qui avaient travaillé à la préparation de la BMK ont donné des explications. Le premier orateur était Monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina, évêque d'Antsirabe, coordinateur de l'équipe chargée de la traduction de la Bible et président de la Commission épiscopale pour la Bible et la liturgie.

En revenant sur l'histoire de la Bible, il est bon de savoir que l'Ancien Testament a été écrit en hébreu. Cependant, les livres d'Esdras et de Daniel ont été écrits en araméen. Ces deux langues sont très proches, leur alphabet étant le même. Au IIe siècle avant Jésus-Christ, l'Ancien Testament a été traduit en grec. Cette traduction s'explique par le fait que certains Juifs de la Diaspora ne parlaient plus l'hébreu. Ptolémée en a pris la décision, et c'est ainsi que la première version a été appelée la « Septante », car elle a été le fruit du travail de 70 personnes. Le Nouveau Testament, quant à lui, a été entièrement écrit en grec.

Aux premier et deuxième siècles après Jésus-Christ, lorsque les livres traduits (Ancien et Nouveau Testaments, en grec) furent réunis, ils furent traduits en latin, appelé « vieux latin ». Au IVe siècle, saint Jérôme révisa cette traduction latine, donnant naissance à la « Vulgate », destinée à tous. Depuis lors, cette « Vulgate » est la traduction officielle de l’Église catholique. Lors de la publication du Concile Vatican II, dans le traité Dei Verbum n° 22, il fut décidé que la Bible serait traduite dans une langue moderne et accessible à tous. C’est ainsi que la traduction dans toutes les langues débuta.

Le père Abel Andriamihaja a retracé l'histoire de la Bible et son parcours jusqu'à sa traduction en malgache. Il a rappelé que la première traduction malgache avait été réalisée par les protestants en 1835. Le latin étant la langue adoptée par les catholiques, ils ne se sont pas pressés pour la traduction en malgache. Toutefois, bien que le Concile Vatican II n'ait pas encore eu lieu, la traduction en malgache avait déjà commencé en 1926. En 1938, quand Mgr Fourcadier était vicaire apostolique à Antananarivo, la première Bible traduite en malgache a été publiée. Elle a été rééditée en 1971, lorsque Mgr Jérôme Rakotomalala était archevêché d'Antananarivo,.

Une seconde Bible a été publiée en 1982, à l’époque du cardinal Victor Razafimahatratra. Elle a été réeditée à deux reprises après sa première publication : en 1986 et 1989. Ce n'est que bien plus tard, en 2003, que la CEM a autorisé l'Association Biblique Malgache à faire une nouvelle publication de la Bible catholique. Mgr Anselme Rajaona s'en est chargé. Cette Bible n'a subi que quelques modifications par rapport aux précédentes éditions. Elle a reçu l'imprimatur du cardinal Armand Razafindratandra. La dernière Bible publiée avant celle qui a été présentée le dimanche 9 novembre était la Bible bleue, œuvre du père Bonaventure Ramboasolomanana SJ et de son équipe avec les Filles de Saint-Paul. La première édition a été publiée en 2011. Cette Bible bleue a été éditée à six reprises, pour un tirage total d'un peu moins de 200 000 exemplaires. La dernière édition datant de 2022.

Dans cette nouvelle édition de la Baiboly Masina Katolika (BMK), l’équipe s'est efforcée de se rapprocher au maximum de la version originale, en grec. Chaque chapitre est précédé d'une introduction, d'un résumé et du texte qui suit. Des renvois permettent au lecteur de consulter des chapitres et des versets similaires. Des notes expliquent les mots qui pourraient être difficiles à comprendre, qu'il s'agisse de noms de personnes, de lieux, de dates, de termes relatifs au poids, etc. La BMK se distingue également par son orthographe, élaborée en collaboration avec l'Académie malgache, tout en conservant le vocabulaire habituel de l'Église catholique. De plus, le malgache officiel est utilisé, avec des modifications pour faciliter la compréhension de certains passages pouvant être perçus comme « impurs ou inintelligibles » dans certaines régions de l'île. Les normes, similaires à celles de la Tob, ont été respectées autant que possible.

Sœur Razanatseheno Noëline a pour sa part, expliqué les aspects techniques de l'impression. Les Filles de Saint Paul ont coordonné les travaux et différentes dispositions furent nécessaires, tant en termes de temps que de lecture et d'édition. Le style, la taille et la police de caractères étaient adaptés à chaque page, mais il existe également une disposition générale. Sur la couverture figurent la lettre P, l'alpha et l'oméga, ainsi que du riz. Leur signification est la suivante : Jésus-Christ, le commencement et la fin, est notre nourriture vivante. La BMK compte 2 672 pages. Elle contient 6 474 notes, 1 385 explications des péricopes, 26 373 chapitres et versets relatant des événements ou des récits similaires. Il existe un glossaire de 283 mots à la fin de l'ouvrage.

Voici la liste des membres de l'équipe qui a donné naissance à la BMK :

- Monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina

- P. Randrianirina Jean Aimé

- P. Randrianarimalala Roger

- P. Rafanambinana Jean Romain

- P. Andriamihaja Abel Célestin

- P. Rakotondramanana Soloniaina Jean Emilien

- P. Raharivelo Eric

- P. Imbe Mathieu

- P. Razafimahatratra Blaise

- P. Rabotovao Rodin

- Sr Raharisoa Léa (feue)

- Sr Maminirina Eudoxie

- Sr Randrianirina Solange

- Sr Razanatseheno Noëline

- Mme Rakotoalison Fanjanirina Sylvie

- Mme Razanamalala Ernestine Yolande (feue)

- P. Rakotomanantsoa Jean Louis

Ont également collaboré :

- P. César

- P. Randriamahefa François de Paul

- Monseigneur Gaetano Di Piero